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Le Silence de la nuit

Référence : MEL_0925
Date : 23/02/1940

Éditeur : Temps présent
Source : 4e année, n°117, p.1
Relation : Notice bibliographique BnF
Type : Billet
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Le Silence de la nuit

Cette nuit, le silence de Paris me tient éveillé. La ville que je n’entends plus respirer, je me penche sur elle comme sur une créature chérie, pour m’assurer qu’elle est encore vivante. Cette guerre ne fait pas de bruit. Un peuple entier retient son souffle. Il faut le [–]; la course sera longue. Ceux d’entre nous surtout qui connaissent la faiblesse de leur cœur…
Les enfants sur la plage avaient fini par croire que leur château de sable serait plus fort que l’océan. Chaque génération donne une forme à ses rêves; et toujours une sombre marée en recouvre les premières assises. Les survivants recommencent à travailler, à espérer en un monde qui ne serait pas inhumain.
Que les hommes ne renoncent jamais, qu’ils ne se couchent pas tous ensemble la face contre terre, devant cette implacabilité de leur destin, qu’il n’existe pas de martyre dont ils ne se montrent dignes, que Verdun recommence, après un quart de siècle, dans la petite Finlande, que la neige, l’effroyable froid, les ténèbres polaires, un ennemi sans nombre, que tout soit accepté, affronté et que nous n’entendions même pas une plainte dans la nuit, ô mon Dieu, c’est pour cela peut-être que vous aimez votre créature, toute souillée qu’elle est…

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François MAURIAC, “Le Silence de la nuit,” Mauriac en ligne, consulté le 20 août 2018, http://mauriac-en-ligne.u-bordeaux-montaigne.fr/items/show/925.