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La Seule question

Référence : MEL_0923
Date : 09/02/1940

Éditeur : Temps présent
Source : 4e année, n°115, p.1
Relation : Notice bibliographique BnF
Type : Billet
Version texte Version texte/pdf Version pdf

La Seule question

Enfants, nous étions élevés dans cette croyance que partout la France est adorée. Beaucoup d’homélies tournaient autour du vers d’Henri de Bornier: “Tout homme a deux pays: le sien et puis la France.”
A partir de l’affaire Dreyfus et jusqu’à la fin du combisme, nous nous crûmes l’horreur du genre humain. Encore aujourd’hui, lorsque les gens qui les ont connus m’assurent que M. Louvet et que M. Fallières étaient de très agréables veux messieurs, j’ai peine à les croire, ayant toujours gravées dans l’esprit les caricatures de mon enfance.
Et puis nous avons connu le prestige immense de la Grande Guerre, cette attente du monde, l’affreuse déception qui a suivi et, dans une Europe totalitaire, cette France dépassée, démodée, qui ne comptait plus.
Et maintenant? De nouveau, le destin nous remet entre les mains toutes les cartes. Dieu, de nouveau, nous charge de sa cause. Entre plusieurs, écoutez ce cri qui m’arrive d’Athènes: “Il faut que vous sachiez, qui vous répétiez ceci: la France en ce moment est l’espoir du monde. Les petits pays sont tournés vers elle et attendent ses gestes avec une confiance bouleversante.”
Derrière les prudentes conférences diplomatiques, toutes les élites, dans les Balkans, comptent sur notre victoire, comme sur la vie. Et c’est pourquoi il n’y a pas de question plus urgente pour les Français de 1940 que celle-ci: Comment ne pas décevoir le monde une seconde fois? Comment ne pas être au-dessous de notre rôle et de notre vocation?

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François MAURIAC, “La Seule question,” Mauriac en ligne, consulté le 18 octobre 2018, http://mauriac-en-ligne.u-bordeaux-montaigne.fr/items/show/923.