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Ceux qui ont taché leurs mains

Référence : MEL_0871
Date : 20/01/1939

Éditeur : Temps présent
Source : 3e année, n°62, p.1
Relation : Notice bibliographique BnF
Type : Billet
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Ceux qui ont taché leurs mains

Lorsqu’on sait qu’en Catalogne neuf cent mille réfugiés de toutes les provinces d’Espagne sont doublement suspects aux yeux des nationalistes, d’abord comme réfugiés et ensuite parce que le plus grand nombre appartenait aux partis révolutionnaires, on se réjouit des promesses du général Franco dans son message radiodiffusé du 17 janvier “en signe de pardon et de paix”.
Mais il excepte du pardon et de la paix “ceux qui ont taché leurs mains dans le sang de leurs frères”. O paille et ô poutre! N’entendez-vous pas un formidable éclat de rire ébranler les assises des cieux? Car enfin, si nous sommes créés à l’image et à la ressemblance du Père, nous devons croire que le rire humain n’est que l’écho de ce grondement formidable.
Nous seulement ceux qui ont caché leurs mains, mais aussi ceux qui risquent d’être accusés de l’avoir fait, vont donc se ruer sur la frontière française, poursuivis par les aviateurs aux mains pures. Lisez plutôt cette information qui suit le message de Franco: “Tout le long de la côte, les raids aériens se succèdent. Les fuyards de Tarragone ont été mitraillés toute la nuit par les escadrilles d’hydravions italiens sur la route côtière.”
Ce n’est évidemment pas le sang de leurs frères que répandent les Italiens, mais un sang étranger, un sang de rouge, un sang de pauvre: et ils obéissent à l’ordre de cet homme que M. Chamberlain appelle son ami.

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François MAURIAC, “Ceux qui ont taché leurs mains,” Mauriac en ligne, consulté le 13 décembre 2017, http://mauriac-en-ligne.u-bordeaux-montaigne.fr/items/show/871.