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Unanimité nationale
Pour faire la guerre et châtier les traîtres

Référence : MEL_0065
Date : 30/09/1944

Éditeur : Front national
Source : 1re année, n°37, p.1
Relation : Notice bibliographique BnF
Type : Discours et conférence
Version texte Version texte/pdf Version pdf

Unanimité nationale
Pour faire la guerre et châtier les traîtres

Tel est le sens de la grande manifestation du Font national, hier, à la Mutualité

Les parisiens ont acclamé comme le symbole de leur union la présence à la même tribune d'hommes séparés jadis par leur idéal politique ou religieux

F. Mauriac et M. Cachin, E. Perney et le R.P. Philippe ont affirmé que, seul, l'effort commun de la Nation rendra à la France sa grandeur et son indépendance

Le Front national commence à faire front sur le trottoir de la rue Monge. Nous sommes serrés, au coude à coude dans la foule. Je suis pris entre Marie Bell, dont les boucles noires émergent d’un petit feutre rouge groseille, ma boulangère, le colonel Roi, une étudiante, un ouvrier et un petit abbé maigre.
Il va le devenir davantage encore si les survenants continuent à pousser comme cela derrière nous. Le service d’ordre est plein de bonne humeur. Nous aussi. D’ailleurs, petit à petit, nous approchons du but. Les entrées du Palais de la Mutualité avalent, chaque minute, une centaine de spectateurs. En ce moment, elles mettent les bouchées doubles. Il est cinq heures et demie. La réunion va commencer. Les haut-parleurs nous apportent la rumeur de la salle qui se mêle à celle de la rue, puis l’orchestre de la Radiodiffusion française qui, sous la direction de Manuel Rosenthal, interprète l’ouverture de Patrie, de Bizet, une Marche de Chabrier.
Là, ça y est, victoire, nous sommes rentrés! La salle est déjà pleine. Cinq mille auditeurs à l’intérieur, autant dehors. La tribune encadrée de tricolore; sur un fond blanc une carte de France tricolore et les deux initiales F. N. Projections. La salle acclame: voici les orateurs.

Les discours
[…]
François Mauriac

Long visage aux yeux brûlants, portrait du Greco, prince de l’esprit, François Mauriac. On acclame son nom. Les applaudissements qui déferlent vers la tribune contraignent le grand écrivain à se lever, à saluer, étourdi par la brutalité joyeuse de cet accueil. C’est Julien Bertheau, de la Comédie-Française, qui va lire le message de l’auteur du Désert de l’Amour:
Les souvenirs de ce que nous venons de vivre ne sont pas tous atroces. Nous avons vu naître l’amitié entre des hommes qui nourrissaient jadis des sentiments sinon de haine, du moins de méfiance. Le temps que nous venons de traverser était un temps où l’on s’aimait bien. Cette affection, cette confiance, nous ne l’avons pas donnée au hasard. Ce qui nous sépare est désormais moins fort que ce qui nous unit.
Un tonnerre d’applaudissements. Ces mots venus du cœur ont été au cœur.

[…]

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“Unanimité nationale Pour faire la guerre et châtier les traîtres,” Mauriac en ligne, consulté le 21 octobre 2017, http://mauriac-en-ligne.u-bordeaux-montaigne.fr/items/show/65.